
| Livres sur l'absinthe X - Aleister Crowley et la "Déesse verte" |
| "Qu'y at-il dans l'absinthe qui en fait un culte particulier? Même dans la ruine et la dépravation elle se détache du reste: ses victimes s'entourent d'une funèbre auréole bien spéciale, et même dans leur étrange enfer exultent, une sinistre perversion de l'orgeuil les persuadant d'être different des autres." Aleister Crowley En 1918, Aleister Crowley, l'occultiste Britannique et soi-disant "homme le plus malfaisant du monde", composa un essai lyrique sur l'absinthe et l'esthétique intitulé "l'Absinthe, la Déesse verte". Il écrit cet essai (selon la legende, en attendant une compagne) dans la "Old Absinthe House" à Nouvelle-Orléans. "L'art est l'âme de la vie", proclama-t-il, "et la 'Old Absinthe House' est le coeur et l'âme de la Nouvelle-Orléans". |
| Les lignes d'ouverture du poême "L'absinthe", de la main de l'auteur, extraites de "la Déesse verte", et montrant son typique "A" majuscule phallique dans le mot "Apollon". |
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| L'essai La Déesse Verte était prévu pour être inclus dans le numéro de Février 1918 de The International (New York), pages 45-51. Le magazine n'a jamais publié ce numéro, et une note éditoriale du mois d'après prolongeait tout simplement les abonnements pour un mois de plus, sans autre explication. Après la compostion, et après la correction finale des épreuves par l'auteur (à partir desquelles l'oeuvre a été éditée pour les publications ultérieures), le numéro complet a été retiré. Une vraisemblable comformité aux nouvelles lois sur la sédition en temps de guerre prouvait l'intimidation de l'éditeur George Sylvester Viereck, qui avait ouvertement fait de la propagande pour la sympathie avec l'Allmagne depuis 1914. Quand les soldats US ont été finallement envoyés en grand nombre vers l'Europe début 1918, le congrès Américain suspendit plusieurs libertés d'expression, et Viereck céda la direction de l'éditorial du The International à Aleister Crowley pour les quelques derniers mois qui restaient avant la prise de contrôle par une équipe complètement neuve en Avril de cette année la. Voici la traduction Anglaise de "La Légende de l'Absinthe", le sonnet français recopié en entier par Crowley dans son essai (dont le brouillon manuscrit prouve de manière définitive que c'est bien lui qui l'a écrit de façon anonyme). The Legend of Absinthe Apollo, who mourned at Hyacinthe's demise, Refused to concede this victory to Death. Much better that the soul, adept in transformation, Had to find a holy alchemy for beauty. Thus with his celestial hand he drained and crushed The subtlest harvest of the garden goddess, The broken bodies of the herbs yielding a golden essence From which we measure out our first drop -- of Absinthe! In lowly hovels and in glittering courts, Alone, in pairs, drink up this potion of desire! For it is sorcery -- as one might say -- When the pale opal wine ends all misery, Opens beauty's most intimate sanctuary -- - Bewitches my heart, and exalts my soul in ecstasy! |
| Scans (à partir d'une photocopie) d'un autre manuscrit de l'essai La Déesse Verte, maintenant en possession de Jimmy Page, le guitariste de Led Zeppelin et illustre aficionado de Crowley. Le scan de droite montre l'espace blanc que Crowley avait laissé pour insérer son poème. Cliquez sur les images pour agrandir. |
| Bien que l'essai La Déesse Verte soit de loin sa meilleure oeuvre connue parmis les absintheurs, ce n'est pas la seule référence à la boisson dans ses écrits. Voici un extrait de sa peite histoire issue de la série des Simon Iff "Suffer The Little Children", publié initialement en 1917. "Le vent était légèrement sorti de ses voiles par l'apparition de Simon Iff au dinner en complète tenue de soirée. Il avait commandé le repas, qui plus est : des huitres, de la tortue verte claire, du pompano en papillote, du canard sauvage au sang avec une salade de coeur de palmier, de la bavaroise au chocolat, et un entremet inventé par lui-même et composé de Toast Melba parsemé de champignons, d'anchois, d'olives et de piment en pâte. Tout ceci était recouvert de feuilles de bais, sur lesquelles était répandues du caviar, des oignons sauvages, du ginseng, et du canard de Bombay, saupoudré légèrement de hashish." "La liste des vins était également élaborée. Des cocktails composés de 2 cuillères à thé de brandy, une de Curacoa, et une de landanum précédaient le repas. Avec les huitres du Chablis devait être servi, avec la soupe du tokay, avec le poisson du Chateau Yquem. Le canard était accompagné par un Mumm Cordon Rouge de 1904. Le dessert était enrichi par une merveilleuse sauce à base de crème de Cacao, et l'entremet renforcé par un extraordinairement délicat vin de Bourgogne d'un corps et d'un bouquet incomparable. Le café était Turc, préparé par Simon lui-même à table, et perfectionné par l'addition d'une fragrance composée d'huile essentiel de bois de cèdre et d'ambre gris." "Les liqueurs étaient de la Chartreuse Verte d'origine, une absinthe spéciale provenant d'un alambic privé appartenant à un ami de Simon Iff qui vivait en Suisse parmis les rochers du Jura, et un introuvable brandy Metternich. Avec les noix venait un Château Margaux, un Porto, et un Madeira datant de William le quatrième." Ce texte contient ce qui doit être la première référence connue à l'absinthe clandestine Suisse, et ajoute du poids à la croyance qu'elle a été fabriquée continuellement, avant l'interdiction et jusqu'à nos jours. |